Une argumentation alternative contre l’euthanasie

Les arguments classiques contre l’élargissement de l’euthanasie sont connus, et méprisés. Nos philosophes prennent grand soin de composer des essais de 500 pages remplis de citations érudites et de raisonnements savants pour exposer les raisons pour lesquels il n’est pas bon de déplacer cette borne. Ils sont démolis en trois moqueries et deux témoignages. Nous continuons d’apporter des fleurets alors qu’en face ils tirent à la carabine.

Considérant :

  • que je n’ai rien de plus à apporter aux arguments classiques
  • que notre méthode argumentative est élégante mais défaillante
  • que finalement les « armes inélégantes » sont efficaces dans notre époque de fracas et rumeurs, je décide d’avoir recours à l’inélégance.

Je tâcherais dans cet article de développer des arguments nouveaux, délibérément basés sur le pathos. Nous n’avons pas besoin de verser dans les discours méchants (Jésus nous l’interdit), mais je suis convaincu qu’il nous faut être plus incisif dans nos discours. Face aux carabines, sortir les grenades. Dans cet article, je choisirais la satyre.

L’Europe encourage la France à progresser

Le Conseil de l’Europe a fait savoir ce lundi qu’il encourageait à la France à persévérer dans ses réformes bioéthiques, exprimant dans son communiqué de presse qu’il saluait « les efforts de la France de démocratiser la liberté d’éviter la redondance économique » demandée par les associations de défense de l’euthanasie.

Dans une interview accordée au Monde, le conseiller européen Hans Verräter a expliqué pourquoi l’euthanasie était une formidable opportunité économique en plus d’être une aventure humaine unique en son genre. En ce qui concerne l’opportunité économique, le conseiller européen a affirmé son soutien à la liberté d’éviter la redondance sociale et économique. « Nous avons déjà largement documenté à quel point le régime de retraite, qu’il nous faut bien sûr conserver, empêche en réalité la convergence souhaitée de l’ensemble des acteurs à l’horizon établi par les traités européens. Le plan économique voté par les états ne peut être réalisé que si toute la population est soit consommatrice, soit productrice. Or, les retraités ne sont plus des producteurs, par définition. Et pour les petites retraites, ils ne sont pas non plus des consommateurs efficaces. Voilà pourquoi nous défendons la liberté d’éviter la redondance sociale et économique pour les retraités pauvres de tous les pays européens. »

Jean Attaly, économiste conseiller du gouvernement abonde dans ce sens : « Si nous accordions la « rupture de redondance » à tous les personnes âgées pauvres du pays, nous pourrions gagner 0,3 points de croissance dans le pays et diminuer la mortalité hospitalière de 25%. Nos hôpitaux pourraient ainsi gagner des places dans les classements internationaux et obtenir plus de financements, afin d’atteindre les objectifs de réduction des dépenses fixé par le gouvernement. Et ce n’est que le dessert. Le véritable gain est sur la caisse des retraites, bien entendu. »

Ismaël Homderien, conseiller spécial du président a fait savoir dans un tweet « La Rupture de Redondance, c’est plus efficace que 3 réformes des retraites, et sans aucune agitation sociale. #PourLaPaixSociale »

Le gouvernement a déjà fait savoir qu’il allait lancer une consultation nationale sur le sujet.

Dans une vidéo qui a fait le ramdam, Christophe Barbyer et Luc Terry défendaient sur le plateau de MFB que d’un point de vue purement humain, la rupture de redondance était le choix le plus digne et le plus compatible avec les droits de l’homme. « Quand on voit des mamies qui sont avec des couches toute la journée dans les EHPAD et qu’elles n’ont pas accès aux soins les plus élémentaires, on se dit que la meilleure solution est de leur accorder une fin digne par une procédure de rupture de redondance » disait Luc Terry. Christophe Barbyer renchérissait : « En plus, cela règle d’un coup le problème du manque de personnel, et permet aux EHPAD de dégager davantage de bénéfices. Il faut réfléchir aussi à élargir cette procédure aux handicapés afin de raccourcir les délais de procédures des MDPH. »

Cette recommandation intervient dans le contexte de la dernière décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui a accordé à un enfant de six ans le droit de rompre sa redondance, contre l’avis de ses parents – qui seraient peut-être amis d’un ancien adhérent d’un mouvement proche de l’extrême droite. L’enfant avait déclaré « j’ai pas envie d’aller à l’école, je préférerais mourir » à sa maîtresse. Les parents ayant refusé d’accéder aux désirs de l’enfant, les services de l’enfance l’ont immédiatement retiré à leur influence délétère, jusqu’au jugement de jeudi dernier. A l’annonce du jugement, l’ADRRDD –Association pour le Droit de Rupture de Redondance dans la Dignité- a fait savoir qu’elle était « très satisfaite du jugement » et qu’elle souhaitait à Enzo «de pouvoir vivre en paix cette aventure humaine formidable ».

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