Comment Phileosophia va changer

Bonjour à tous,

Il est un peu (beaucoup) trop tôt pour faire des bilans sur les six derniers mois, particulièrement quand il ne s’est passé que trois mois. Mais j’entre dans une nouvelle phase dans l’écriture, et j’avais à coeur de vous partager un peu les raisons et les conséquences.

Cela fait un an et demi, voire plus que j’ai fondé Phileosophia. Depuis sa création, j’ai maintenu le rythme assez infernal de deux articles par semaine, sur des sujets très divers. Parallèlement à l’écriture, j’essayais, à cause même de ces articles, de monter en puissance intellectuellement, et de mieux maîtriser les sujets que j’abordais. Quand je n’avais pas assez lu sur un sujet, je m’efforçais de rester sur ce que je connaissais, quitte à ne faire que des remarques périphériques (c’est basiquement ce que j’ai fait sur le thème de la justice sociale). Mais j’arrive à présent à un moment où la quantité d’études à faire devient beaucoup plus exigeante, et prend de plus en plus de temps. Au début je me contentais de réfuter Sébastien Faure, le Richard Dawkins français du XIXe siècle. C’était facile à faire. Maintenant, j’essaie de mesurer la compatibilité entre Thomas d’Aquin et la tradition réformée. Ce sont des sujets autrement plus exigeants, et qui réclament beaucoup plus de temps de lecture et d’études.  Réfuter Sébastien Faure m’a pris 40 minutes à écrire. Pour l’étude de Thomas vs Calvin sur la dépravation totale, j’ai consacré presque 8h à l’écrire (et au moins le double à rechercher).  Passer 48h par semaine à écrire deux articles est complètement déraisonnable vous vous en doutez.

Mais alors, pourquoi ne pas en rester à des articles plus légers, plus réguliers? Parce que je veux monter en gamme. Parce que j’adore étudier les sujets pointus et que je suis tombé en amour avec la scholastique chrétienne (médiévale et réformée), qui est une discipline austère et chronophage, et que c’est vraiment cela que je veux pratiquer maintenant, et je ne peux pas la pratiquer en écrivant deux articles par semaine, toutes les semaines. Parce que j’ai l’impression désormais qu’avec seulement deux articles par semaine, je reste à la surface des choses, et qu’aussi bien moi que mon blog végèterait si on reste à là. Si je végète, je perds l’intérêt d’écrire et c’est ainsi qu’un projet meurt.

D’autre part, le rythme que je me suis imposé est exigeant: essayez vous même de faire 1200 à 1600 mots deux fois par semaine, pendant un an et demi. Je suis content d’avoir réussi à le faire, et je suis content d’avoir les capacités de le faire, mais je fatigue maintenant. Avoir l’oeil sur le calendrier, s’imposer d’écrire un article par jour pendant 5 jours, quelque soit l’état de santé ou de moral, avoir l’angoisse qui monte lorsque la pile d’articles en avance baisse et qu’il va falloir vraiment vraiment trouver une idée pour le mois prochain. N’avoir l’énergie et l’inspiration que pour trois articles, sauf qu’il vous faire un quatrième pour que le rythme de 2 articles/semaines soit maintenus. Avoir l’impression de bâcler le quatrième, devoir renoncer à étudier certaines nuances cruciales parce que tant pis c’est pour demain et qu’il faut s’atteler vite à celui de lundi… C’est une usure inutile, et une bête cause de fatigue.

D’autre part, je me suis engagé dans d’autres projets en dehors du blog: même si les Fils d’Issacar sont terminés, j’anime maintenant avec mon ami Maxime Ecclesia catholica, où je m’éclate à parler d’histoires de l’église. J’anime aussi avec Alexis Masson un commentaire de la Summa Theologiae de Thomas d’Aquin. Ce sont des podcasts moins réguliers que les Fils d’Issacar, mais c’est une dépense d’énergie en dehors. Et en plus, je me suis engagé avec un cher ami à un projet très particulier… mais vous en saurez plus bien assez vite. Il faut donc faire des choix: soit je renonce à ces autres projets (non je ne veux pas). Soit je réaménage mon activité sur le blog. Je ne peux plus écrire comme au début.

Enfin, il devient vraiment urgent d’apprendre le latin, à cause de tous les trésors de théologie protestante qui n’ont jamais été traduits du latin vers le vernaculaire, et qui me font saliver aujourd’hui… et je n’ai pas le temps de le faire.

Ca y est, vous direz-vous, il annonce qu’il s’arrête… Et bien non! Tout le contraire! Phileosophia continue et il va sérieusement continuer! Mais sous une forme très différente.

Ce qui va changer

  • Il n’y aura plus de thèmes mensuels. Basiquement, j’ai envisagé les 2 articles par semaine pour remplir les thèmes mensuels, et avoir de quoi parler substantiellement de certains sujets. 6 articles dans une même série c’est bien. Être limité à 4 seulement, ca demande de faire des choix très pointus. D’autre part, les thèmes mensuels étaient à la base un moyen de ne pas manquer de choses à dire, et une façon de vaincre l’angoisse de la page blanche. Aujourd’hui ce n’est plus nécessaire: si je manquais d’idées, d’autres me les suggéreraient.
  • Il n’y aura plus de périodicité dans les articles.  Je ne passe pas de 2 à 1 article/semaine. J’abolis tout simplement la périodicité. Si je dois passer une semaine de plus à regarder comment tel et tel autre philosophe envisage telle notion, je suis libre de le faire. Si je suis fatigué et je ne peux pas écrire de bons paragraphes, je peux me le permettre. Je veux gagner en qualité d’écriture, et cela ne peut être que par du temps passé à lire, du temps passé à prier, du temps passé à méditer. Pas compatible avec 2 articles/semaines.
    Cependant, si vous pensez que cela veut dire que je vais faire un article tous les 2 mois, c’est très mal me connaître^^.
  • Il y aura moins de sujets de société et plus de théologie. Je crois que je vais arrêter de dire « en quoi je me spécialise ». Je viens de tomber dans la marmite de scholastique protestante, et WOW c’est génial ce qu’on y trouve!!! Par contre, ce n’est pas ça qui va m’aider à développer écrire sur la politique migratoire. Je vais donc suivre mon instinct et faire des séries d’articles sur ce genre de sujet plutôt que des sujets de société. Par exemple, je pense faire des comparatifs entre Thomas d’Aquin (scholastique médiévale) et François Turretin (scholastique réformée) pour montrer la continuité et discontinuité entre Thomas et la doctrine protestante. N’imaginez cependant pas que c’en est fini des thèmes mensuels sur des thèmes de société: je vais continuer à écrire ce genre de chose, mais dans un autre cadre….

Je remercie tous ceux qui me suivent régulièrement. J’espère que vous comprendrez ce changement de régime, mais j’espère vraiment que ce sera pour le mieux. Si je ne prends pas le temps de lire en profondeur, je ne pourrai jamais écrire en profondeur.

4 commentaires sur “Comment Phileosophia va changer

      1. Ah mais non, ça n’a rien à voir, je te l’aurais dit, c’est juste moi qui lis trop en diagonale parfois et pas toujours dans le bon ordre :-). Je tente de m’améliorer, il y du boulot.

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