Thème de Novembre 2017: le progrès historique

Je risque de me répéter par rapport au mois dernier: Octobre a été le record absolu en termes de vues et de visiteurs (Presque 1000 visiteurs et 1600 vues). Grâce à vous qui lisez, Phileo-Sophia continue sa croissance ininterrompue. Merci donc à toi qui lis ceci, tu réconfortes mon petit coeur d’éditeur. Les deux derniers articles de la série – Pourquoi l’intelligence artificielle ne sera jamais une conscience artificielle et Le Fantasme de l’Intelligence Artificielle Consciente ? d’Eric Lemaître – ont particulièrement plu. J’ai eu aussi de bons retours des articles sur Thomas d’Aquin qui ont été publiés sur le blog, aussi je continuerai dans cette direction pour les hors-série, surtout que je progresse en même temps dans l’apprentissage du thomisme…

Laissons maintenant le présent qui s’ouvre au futur (les IA) pour nous intéresser au présent ouvert en direction du passé: Sommes nous à l’époque la plus avancée de notre histoire, ou bien notre génération n’est qu’une parmi toute les autres, sans avoir accompli quelque chose de plus grand que les autres?

La question n’est pas simple à résoudre: celui qui voudra voir notre génération comme la plus avancée de toutes devra expliquer ses erreurs abjectes. Celui qui voudra noircir notre génération devra expliquer l’immense confort et sécurité de notre temps. Et ceux qui veulent maintenir une position d’équilibre se rendront vite compte qu’ils dansent sur un fil de rasoir.

Nous sommes d’autant plus à l’aise pour aborder la question que ce sont les chrétiens qui les premiers ont posé non seulement l’idée d’une progression historique, mais y ont apportés les premières réponses, bien avant que les difficultés de notre nation n’amènent chacun à se poser la question. En contraste avec le polythéisme antique, le christianisme tire ceci du judaïsme qu’il considère l’histoire comme linéaire, avec un « au commencement » et une fin, ainsi qu’un long développement au milieu. Cette conception de l’histoire linéaire est propre à l’occident chrétien et au monde musulman, et s’inscrit en porte-à-faux avec les conceptions cycliques de beaucoup d’autres religions. Nous saluerons particulièrement Augustin d’Hippone, qui a le premier exploré la question « dans quel sens va l’histoire? » à travers sa Cité de Dieu, ouvrage destiné à défendre le christianisme à l’origine.

Il faut distinguer deux sens au progrès historique: le premier progrès désigne simplement le déroulé d’une histoire de l’humanité, moment après moment. Cette définition ne fait tout simplement débat, étant donné que la plupart croient en la réalité du temps. La définition de progrès historique qui est plus discutée et discutable, c’est une définition téléologique: le Progrès est l’avancée continue de l’Humanité jusqu’à un certain point final, comme le marcheur qui gravit une pente progresse jusqu’au sommet.

Pour des chrétiens, toutes les options sont possibles, dépendant notamment de comment on interprète la relation entre histoire humaine et retour de Jésus. La philosophie chrétienne dépend pour beaucoup de l’interprétation d’Apocalypse 21, et de la littéralité ou non des 1000 ans du règne de Christ  après son retour. Il y a bien sûr toujours des nuances, mais en gros, voici les écoles de pensées sur le sujet:

Les prémillénaristes (ceux qui affirment un règne de 1000 ans littéral après la venue de Christ, sur cette terre, au milieu du péché), ont une vision pessimiste de l’histoire, où les choses doivent d’une certaine façon tendre vers le pire jusqu’à ce que notre Seigneur revienne du haut des cieux.

Les postmillénaristes (ceux qui affirment que Jésus reviendra quand « tout aura été mis sous ses pieds, après que le péché sur terre ait pris fin) auront une vision optimiste de l’histoire, puisque tout doit progresser vers une place de plus en plus importante du Bien dans le Monde, le retour de Christ ne faisant que parachever le progrès humain.

Les amillénaristes (ceux qui rejettent les deux positions précédentes, affirmant que Jésus peut revenir à n’importe quel moment de l’histoire humaine, décadence ou progrès) auront une vision plus ambiguë de l’histoire, et tendront à avoir une vision plus « stationnaire » de celle-ci. Ainsi, il n’y a pas vraiment de progrès entre le moyen-âge et l’ère post-moderne, parce que les péchés et gloires du moyen-âge sont la même balance morale (plutôt négative) que les péchés et gloires de l’ère post-moderne.

Chaque école bien sûr à son infinité de nuances, mais ce sont trois grandes divisions possibles. Il n’appartient pas à la mission de Phileo-Sophia de déterminer quelle lecture biblique d’Apocalypse 21 est la bonne, ni de s’engager dans les questions de théologie systématique. Ce n’est pas que je n’ai pas mon avis sur le sujet, mais ce n’est tout simplement pas mon domaine de compétence, dirigez vous donc vers Didascale.com ou le bon combat pour plus de renseignements sur l’interprétation biblique et la théologie systématique.

En revanche, il reste la question philosophique qui vient après que les interprétations et les théologies soient posées. A partir de la Bible, que fait le monde? Ici sera notre véritable contribution au débat!

Que le Seigneur nous assiste, j’ai du plaisir d’aborder ce sujet avec vous!

 

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