Pourquoi Dieu a-t-il désiré que les nations existent?

Il est facile de comprendre pourquoi Dieu a désiré les individus humains: il voulait qu’ils soient image de Dieu. Il est facile de comprendre pourquoi Dieu a désiré la famille: il voulait qu’elle soit image de la Trinité, et de la relation entre Christ et l’Église. Mais les nations alors? Pourquoi Dieu les a-t-il fait venir à l’existence?

La réponse courte est: pour manifester davantage sa gloire. La réponse longue elle, doit être plus détaillée.

Dieu a tout crée pour sa propre gloire

Quand je suis devenu calviniste, il y a eu un moment de déclic le jour où j’ai lu John Piper commenter ce discours de Dieu:

C’est pour l’amour de moi, pour l’amour de moi, que je veux agir; Car comment mon nom serait-il profané ? Je ne donnerai pas ma gloire à un autre. – Esaïe 48.11

Tous ceux qui s’appellent de mon nom, Et que j’ai créés pour ma gloire, Que j’ai formés et que j’ai faits. – Esaïe 43.7

Je ne me souviens plus très bien de ce qu’en disait Piper (mis à part « Dieu est la personne la plus théocentrée de l’univers ») mais il est vrai que le verset est très frappant: C’est pour lui-même que Dieu crée, c’est pour lui-même que Dieu fait. A l’époque je croyais encore que Dieu avait crée l’univers pour l’humain, que l’humain était le but de l’univers. En somme, que nous étions le centre de l’existence. C’est pas que c’est totalement faux, mais ce n’est clairement pas vrai.

Cette idée là n’est pas spécifiquement calviniste: elle traverse le christianisme historique, elle façonne le christianisme authentique. Dieu fait toute chose pour sa gloire en premier.

Donc quand nous essayons de comprendre « pourquoi telle et telle chose existent? », il faut que nous nous demandions: « qu’est ce que Dieu retire de telle chose? » et non: « Qu’est ce que Dieu apporte à telle chose? »

Appliquons cela aux nations, que Dieu a voulu et créé.

L’infinie diversité de la grâce de Dieu

Nous avons une idée du plan de Dieu pour la création lorsqu’il est écrit:  « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ». La création, humanité comprise, est d’abord et avant tout une gigantesque mise en scène de la nature et de la vie de Dieu.

C’est ainsi que l’univers matériel, par son improbable taille, son immense complexité, sa magnifique beauté est une mise en scène des attributs extérieurs de Dieu. C’est ainsi que l’individu, par ses capacités rationnelles, émotionnelles et volitionnelles, est image de la vie intérieure de chaque personne de Dieu. C’est ainsi que la famille est la mise en scène du relationnel de Dieu: le Père est image du Père, la Femme est image du Christ face à son Père, L’Époux est image du Christ pour l’Église, les enfants sont images de l’humanité face à Dieu…

Et la diversité infinie de sa grâce alors, par quoi est-t-elle représentée? Comment la création pourrait-t-elle représenter toute la palette de nuance qu’exige l’image du créateur? Si on avait une seule humanité portée sur la philosophie, on perdrait l’image du Dieu vengeur qui sait allier la force à la justice que l’on a au contraire chez les nations militaires. Si on avait une seule humanité portée sur l’économie et la production, on aurait certes une excellente image du Dieu bon gestionnaire, mais on perdrait toute l’image du Dieu infiniment Sage, dont les idées sont profondes. Et puis, il nous faut bien des nations fortement portée sur la religion comme les nations indiennes (d’Asie), qui se perdent dans la contemplation du monde invisible.

Le Seigneur a résolu ce problème en créant l’échelon de la nation par dessus la famille. Avec des limites nationales bien nettes, il est permis de développer une grande diversité de mentalités, qui engendrent de grandes différences de tempéraments et d’activités humaines. Certaines nations se consacrent au commerce, d’autres engendrent de magnifiques diplomates. Certaines nations sont industrieuses, et d’autres abritent des philosophes et des prêtres capable de saisir les trésors de la sagesse. Le péché bien sûr a tout ravagé, mais voilà l’idée initiale.

Le mur de petits miroirs

Dans les Rois Maudits, épisode IV version 1971, il y a un passage où Robert d’Artois reçoit enfin son comté d’Artois, et avec cela des nouveaux habits rutilants qui signalent son statut de haute noblesse. Désireux d’admirer sa nouvelle gloire, il veut se voir en pied dans un miroir. Sauf que nous sommes au XIVe siècle, et on ne sait pas fabriquer des miroirs plus grands qu’une main. Alors que fait-t-on dans un tel cas? Il rassemble des tas de petits miroirs et les épingle sur une tapisserie, de façon à ce que cette mosaïque de miroirs lui donne une image complète de sa personne.

Les nations remplissent exactement ce même rôle: un individu n’est qu’un atome d’argent, il ne reflète quasiment rien. Les familles sont des cristaux d’argents, plus grands mais qui ne reflètent rien. Les nations en revanche, sont des vrais miroirs, des couches d’argents suffisamment grandes pour réellement refléter Dieu. Mais comme aucune nation n’est assez grande pour refléter toute l’image de Dieu, il en faut plein, épinglées devant lui, reflétant correctement sa gloire.

Une fois qu’on comprend cela, on comprend que la mondialisation est plus qu’une atteinte à l’humanité: la mondialisation est aussi une atteinte contre la gloire de Dieu, qui est limitée par la civilisation mondiale.

 

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